Vous avez dit PIAL ? Mais qu’est-ce qu’un PIAL ?

Commençons par l’acronyme PIAL = Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé.

« C’est une nouvelle forme d’organisation dont l’objectif est de coordonner les moyens d’accompagnement humain, de formation et d’adaptation, en fonction des besoins des élèves en situation de handicap. Dans ce cadre, l’accompagnement humain mutualisé est désormais le principe. »

Sur le terrain qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce qui va changer ?

Les notifications MDPH

Désormais la MDPH va émettre des notifications AESH mutualisées pour la plus grande majorité des enfants. Cela veut dire que lorsque vous recevrez votre notification pour une aide humaine, le volume horaire ne sera plus notifié.

Qui donc attribuera le nombre d’heures ?

Dans chaque PIAL, il y aura un coordonnateur. Pour les écoles ce sera le directeur de l’école, pour les établissements du second degré, soit un membre de la direction, soit un professeur responsable de cette mission spécifique.

Le coordonnateur établira le nombre d’heures par élève, mais ce nombre d’heures peut varier en fonction des besoins de l’enfant, il n’est pas fixe pour l’année scolaire.

Exemple :

Une aide humaine peut rester 1heure dans la classe puis partir pour un autre élève et revenir.

Il peut y avoir dans la même classe plusieurs enfants ayant une notification et l’aide humaine aide les enfants en fonction de leur besoin, dans ce cas-là, le temps est moins quantifiable.

L’idée de ce dispositif est d’établir une souplesse dans la prise en charge des enfants, l’aide humaine est présente quand il en a besoin uniquement, ainsi il se retrouve plus souvent en situation d’autonomie, cela peut lui permettre de prendre confiance en lui.

Les notifications MDPH avec un temps spécifié resteront pour les enfants qui n’ont pas d’autonomie notamment au niveau moteur (fauteuil roulant), là il est indispensable qu’une personne soit présente en permanence.

Quand vont démarrer les PIAL ?

Les PIAL vont se généraliser petit à petit, à la rentrée 2019/2020 quelques établissements bénéficieront de cette nouvelle organisation.

Il est prévu qu’en 2022 tous les établissements fonctionnent en PIAL.

Comment s’organise un PIAL ?

Il existe plusieurs types d’organisation :

Un PIAL peut-être :

  • premier degré : une école ou deux ou trois
  • second degré
  • inter-degré : un collège et une ou des écoles

Les acteurs du PIAL :

Les AESH sont au cœur du dispositif, leur statut évolue pour que le métier d’aide humaine devienne un vrai métier, avec une formation professionnelle. Normalement, un enfant notifié devrait avoir plus vite son AESH sur le terrain qu’à l’heure actuelle.

Le coordonnateur PIAL estime le besoin en aide humaine sur son secteur à la rentrée et organise la répartition des AESH.

Il est à noter que pour l’instant il s’agit d’une expérimentation sur le terrain par conséquent ce qui est dit dans cet article peut évoluer.

https://www.education.gouv.fr/cid142647/ecole-inclusive-le-pial-qu-est-ce-que-c-est.html

Quelles fournitures pour la rentrée ?

Et revoilà le temps du casse-tête des fournitures de la rentrée !

Pour votre enfant dys quelques préconisations importantes.

Pour l’organisation à la maison, je vous invite à relire l’article sur le blog intitulé : 

Mémento rentrée : que faire, que préparer pour la rentrée de mon enfant ?

Les fournitures 

La trousse

La pièce centrale est la trousse. Votre enfant dys va régulièrement perdre, abimer son matériel. Pour l’aider dans le rangement opté pour une trousse à compartiments. 

3 compartiments

 il pourra ranger compas, petite règle, crayon à papier

 stylos, gommes

 Crayons de couleurs, feutres

Pensez bien à réduire la trousse à son strict minimum, plus votre enfant a de matériel à sa disposition plus il risque de se laisser distraire et/ou de perdre son matériel.

Les stylos

Si votre enfant a du mal à bien tenir son stylo, pensez au guide main. 

Voici quelques exemples :

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Il est important de choisir des stylos avec une mine qui glisse bien sur la feuille. 

Souvent les enfants dys ont une écriture crispée. 

Les ciseaux

Il existe pour les enfants dyspraxiques, des ciseaux qui sont beaucoup plus simples à utiliser. 

Pour des enfants qui ont des problèmes de motricité fine voici quelques exemples :

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La règle 

Il est plus simple d’utiliser une règle où la graduation « 0 » démarre au bord de la règle. 

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L’équerre

Pour l’équerre si la graduation « 0 » démarre au bord de l’angle droit ceci évite des erreurs de mesure.

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Le rapporteur 

Ce rapporteur évite de nombreuses erreurs dans les mesures d’angles. Il se positionne très facilement. 

Si vous achetez un rapporteur ordinaire vérifiez bien qu’il soit gradué uniquement en degrés et dans les deux sens.

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Le compas

Pour le compas, cela ne sert à rien de prendre un modèle complexe. Prenez le compas le plus simple possible avec un minimum de « gadgets ». Préférez le compas avec un stylo que l’on insère, il se remplace facilement si il est cassé.

Il existe des instruments qui peuvent aussi servir pour faire des cercles et ainsi se substituer au compas (voir l’illustration ci-dessous).

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Demande d’aménagements d’examen

Attention c’est en ce moment qu’il faut remplir les demandes d’aménagements aux examens. Ce n’est pas parce que votre enfant a des adaptations pédagogiques tout au long de l’année scolaire qu’il en aura automatiquement le jour de l’examen. Il faut donc monter votre dossier avec soin.

Selon les Académies le dossier n’est pas tout à fait identique, mais en gros on vous demande les mêmes pièces. Pour se procurer le dossier il faut aller sur le site académique et taper en mot clef «  aménagements d’examen », l’établissement de votre enfant peut également vous fournir le dossier.

Les pièces demandées  :

  • Bilans médicaux (orthophoniste, CR hospitalier, psychomotricien, ….)    Il est important d’avoir des bilans de moins de deux ans à joindre au dossier
  • Une partie à faire remplir par le médecin qui suit l’enfant
  • Une partie à faire remplir par les enseignants (souvent le professeur principal)
  • Une partie à remplir par la famille où l’on vous demande des adaptations précises                                                                                                        Fournir les copies du PAP ou PPS (joindre le GEVASCO)

Quelques conseils : Pour bénéficier d’aménagements d’examen il est préférable voir indispensable d’avoir un PAP ou un PPS.

Il est logique d’avoir des adaptations pendant l’année et du coup d’en demander à l’examen. Il est aussi souhaitable que l’année de l’examen des suivis soient en place ( suivi par une orthophoniste, psychomotricité, …)

Il ne faut pas mettre en place un PAP ou un PPS l’année de l’examen, la commission médicale n’approuvera pas cette reconnaissance tardive juste l’année de l’examen. Bien entendu, sauf cas particulier, où le handicap survient d’un coup.

Que peut-on demander ?

  • Majoration du temps : Temps supplémentaire lors de l’examen
  • Temps de pause pendant l’épreuve
  • Secrétaire : Personne pouvant oraliser les consignes ou écrire sous la dictée du candidat
  • Utilisation d’un ordinateur avec logiciels adaptés
  • Dictée aménagée
  • Evaluation orale
  • L’étalement des épreuves de l’examen sur plusieurs années ( 5 au maximum), le candidat conservera les notes de certaines disciplines. Par exemple un bac peut être préparé sur 2 ans, Le candidat la première année ne passe pas toutes les épreuves, la deuxième année il conserve les notes de la première année et passe les disciplines manquantes, cela peut être étalé sur 5 ans ( vérifier la réglementation pour chaque diplôme).

En cas de refus il est possible de faire un recours, ceci sera le sujet d’un autre article !

Mémento rentrée : que faire, que préparer pour la rentrée de mon enfant au collège ?

Le mois de septembre approche, source de stress, voir d’angoisse. Pour éviter un maximum de désagrément, il faut essayer d’anticiper un maximum de choses.

Un enfant dys, TDA-H, précoce, … à la rentrée ce n’est pas une mince affaire. L’une des difficultés principales tourne autour de l’organisation.

Il va falloir acheter les fournitures scolaires voici quelques conseils. Attention certains professeurs ont leur exigence et imposent des couleurs de cahier il faudra alors utiliser leur couleur ou leur expliquer votre fonctionnement par rapport au trouble de votre enfant.

Un enfant ayant un trouble des apprentissages rencontre de grandes difficultés au niveau de l’organisation. 

Il peut rentrer des difficultés au niveau de la lecture, l’organisation proposée par la suite s’appuie uniquement sur une approche visuelle. Ceci aidera votre enfant a devenir autonome. 

L’organisation

  • Prendre l’emploi du temps de votre enfant, choisir une couleur par matière.
  • Couvrir les livres avec du papier de la couleur de la matière ou mettre une gommette sur la tranche du livre de la couleur de la matière.

                                                                    

  • Acheter des cahiers ou des protèges cahiers de couleurs à associer à la couleur de la discipline.



                   

      

    

      

  • Prévoir une pochette pour ranger le matériel de géométrie. Choisir un compas le plus simple possible.
  • Faire une trousse la plus dépouillée possible. 
  • A la maison prévoir un meuble à tiroirs où un tiroir correspond à une matière, et le tiroir sera marqué par une pastille de couleur correspondant à la discipline. 

Il va falloir le plus tôt possible prévenir le collège des difficultés de votre enfant. 

Manuels scolaires

  • Demander à l’établissement si votre enfant peut avoir un double jeu de manuel, il faut que ceci soit justifié par rapport aux besoins de votre enfant.
  • Regarder sur le site https://www.kiosque-edu.com/college si une version numérique du manuel existe. 

Cours de Français

  • Se procurer la liste  des œuvres qui vont être étudiées afin de chercher  la version audio (site sur internet ou bibliothèque sonore).
  • Contacter l’enseignant si il y a des adaptations pédagogiques ciblées.

Informer le collège

Dans un établissement du second degré, vous allez avoir beaucoup d’interlocuteurs, l’information risque de se perdre voir d’être oubliée, il ne faut pas hésiter à informer l’ensemble de l’équipe éducative et à faire des rappels réguliers.

  • Prendre rendez-vous avec le professeur principal en début d’année pour lui expliquer les particularités de votre enfant. 
  • Faire un mot d’informations dans le carnet de liaison, que votre enfant montrera en début d’année à chaque enseignant. 
  • Informer l’infirmière et le chef d’établissement.
  • Voir si on met en place un plan d’accompagnement spécifique : PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé).
  • Si votre enfant à une reconnaissance de la MDPH, un PPS ( Projet Personnalisé de Scolarisation), il faut dès la rentrée en informer l’ensemble de la communauté éducative. 

Double tâche et surcharge cognitive

La double tâche correspond au fait de se retrouver en action d’apprentissage pour deux choses en même temps. 
Nous avons automatisé un grand nombre de situations de la vie courante où nous ne pensons pas, nous faisons nos gestes de façon mécanique, nous ne sommes donc plus en situation de double tâche. Notre esprit est libéré pour apprendre d’autres choses.
 
A chaque nouvel apprentissage, nous pouvons nous mobiliser de façon efficace sur un point précis.
Lorsque nous avons appris à écrire, faire du vélo, il était compliqué de gérer au niveau du cerveau toutes les nouvelles situations. Nous avons oublié tout cela. 
Le permis que nous avons passé pendant notre début de vie d’adulte nous a parfois laissé des souvenirs… Nous nous rappelons qu’il était compliqué de freiner, changer les vitesses, débrayer et observer la route en même temps….
Quelques années plus tard, si on vous demande avec quel pied vous freinez, le geste est tellement automatisé que vous devez réfléchir pour répondre à la question. 
L’automatisation vient par la répétition un très grand nombre de fois de la même situation dans des contextes différents. 
 
Cette automatisation ne se met pas en place pour les enfants dys.
 
Ils se retrouveront dans la situation de première fois à chaque fois qu’ils répèteront la même action, ils devront dès lors penser leurs gestes, décomposer leur action. Ils vont donc dépenser de « l’énergie cognitive » là où les autres enfants auront automatisé leurs gestes. Ils se trouveront alors en surcharge cognitive beaucoup plus vite.

Qu’appelle t-on la surcharge cognitive ?

Notre cerveau traite en permanence un très grand nombre d’informations. Quand nous sommes en situation d’apprentissage, nous utilisons notre mémoire de travail qui peut retenir environ 7 éléments (on parle d’empan mnésique). Notre mémoire de travail transmet au cerveau les informations essentielles pour mener les tâches à bien.
Le grand nombre de tâches automatisées autorisent notre cerveau à se centrer sur les nouveaux savoirs.
Mais pour un enfant dys, cela se passe autrement.
Prenons comme exemple un enfant dyslexique de quatrième en cours de mathématiques. Les élèves doivent lire un texte assez long pour ensuite résoudre un problème.
L’élève lambda ne va pas rencontrer de difficultés lors de la lecture et va se concentrer sur la résolution du problème. L’enfant dyslexique va se centrer sur le déchiffrage du texte, son cerveau va se mobiliser sur l’activité de lecture et va très vite arriver à une surcharge cognitive. Il ne sera pas apte à rentrer dans la phase de raisonnement s’il n’a pas eu d’adaptations sur la partie lecture.
Il se retrouvera dès lors en échec alors qu’il n’a aucune difficulté particulière par rapport au raisonnement.

En situation de classe, on se retrouve très vite en surcharge cognitive, il est compliqué pour un enfant dys ou TDA d’écouter et d’écrire en même temps le cours.

Il est donc essentiel de mettre en place des adaptations à l’école pour éviter que l’enfant se retrouve en surcharge cognitive car il perdra très vite confiance en lui.