Double tâche et surcharge cognitive

La double tâche correspond au fait de se retrouver en action d’apprentissage pour deux choses en même temps. 
Nous avons automatisé un grand nombre de situations de la vie courante où nous ne pensons pas, nous faisons nos gestes de façon mécanique, nous ne sommes donc plus en situation de double tâche. Notre esprit est libéré pour apprendre d’autres choses.
 
A chaque nouvel apprentissage, nous pouvons nous mobiliser de façon efficace sur un point précis.
Lorsque nous avons appris à écrire, faire du vélo, il était compliqué de gérer au niveau du cerveau toutes les nouvelles situations. Nous avons oublié tout cela. 
Le permis que nous avons passé pendant notre début de vie d’adulte nous a parfois laissé des souvenirs… Nous nous rappelons qu’il était compliqué de freiner, changer les vitesses, débrayer et observer la route en même temps….
Quelques années plus tard, si on vous demande avec quel pied vous freinez, le geste est tellement automatisé que vous devez réfléchir pour répondre à la question. 
L’automatisation vient par la répétition un très grand nombre de fois de la même situation dans des contextes différents. 
 
Cette automatisation ne se met pas en place pour les enfants dys.
 
Ils se retrouveront dans la situation de première fois à chaque fois qu’ils répèteront la même action, ils devront dès lors penser leurs gestes, décomposer leur action. Ils vont donc dépenser de « l’énergie cognitive » là où les autres enfants auront automatisé leurs gestes. Ils se trouveront alors en surcharge cognitive beaucoup plus vite.

Qu’appelle t-on la surcharge cognitive ?

Notre cerveau traite en permanence un très grand nombre d’informations. Quand nous sommes en situation d’apprentissage, nous utilisons notre mémoire de travail qui peut retenir environ 7 éléments (on parle d’empan mnésique). Notre mémoire de travail transmet au cerveau les informations essentielles pour mener les tâches à bien.
Le grand nombre de tâches automatisées autorisent notre cerveau à se centrer sur les nouveaux savoirs.
Mais pour un enfant dys, cela se passe autrement.
Prenons comme exemple un enfant dyslexique de quatrième en cours de mathématiques. Les élèves doivent lire un texte assez long pour ensuite résoudre un problème.
L’élève lambda ne va pas rencontrer de difficultés lors de la lecture et va se concentrer sur la résolution du problème. L’enfant dyslexique va se centrer sur le déchiffrage du texte, son cerveau va se mobiliser sur l’activité de lecture et va très vite arriver à une surcharge cognitive. Il ne sera pas apte à rentrer dans la phase de raisonnement s’il n’a pas eu d’adaptations sur la partie lecture.
Il se retrouvera dès lors en échec alors qu’il n’a aucune difficulté particulière par rapport au raisonnement.

En situation de classe, on se retrouve très vite en surcharge cognitive, il est compliqué pour un enfant dys ou TDA d’écouter et d’écrire en même temps le cours.

Il est donc essentiel de mettre en place des adaptations à l’école pour éviter que l’enfant se retrouve en surcharge cognitive car il perdra très vite confiance en lui.